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Pour le droit de mourir dignement

La préparation du concours d’éloquence par les élèves de 3ème a donné lieu à de très beaux textes dans lesquels les élèves avaient carte blanche pour s’exprimer sur les sujets de leur choix. Voici le texte d’Abdaa qui aborde la question de l’euthanasie.

Par Abdaa

La vie, cette chose merveilleuse et indéfinissable à la fois, de nombreuses choses nous permettent de l’embellir, de nombreuses choses nous donnent envie de la vivre. Pour certains c’est l’art, le sport, l’humanitaire voire même la broderie ou encore le simple fait d’être avec ses amis, sa famille.

Mais, en général, ce qui nous met tous d’accord… c’est la nourriture ! Un des plus grands plaisirs de la vie ! Alors imaginez, imaginez ne plus pouvoir accéder à tout cela, ne plus pouvoir aller voir l’exposition de tel artiste, ne plus pouvoir dépasser votre record de pompes frôlant la dizaine, ne plus pouvoir coudre une écharpe épineuse à votre petit neveu chéri, ne plus pouvoir sentir la fraîcheur de la salade le relevé de l’oignon l’umami* de la tomate de votre tacos XXL cordon bleu merguez sauce biggy algérienne avec sa belle grosse tranche de pastrami…

Imaginez ne plus être capable de reconnaître vos parents vos amis ou vos enfants. Honnêtement, considéreriez-vous que votre vie a la même valeur ? Considéreriez-vous que votre vie vaut la peine d’être vécue ?

Prenons la tragique mais néanmoins assez connue histoire de Vincent Humbert, un ancien pompier qui avait tout pour lui : une femme, des enfants, des amis, des passions comme celles citées précédemment, mais, lors d’un trajet automobile pour rentrer chez lui, dans un virage il se fait violemment percuter par une camionnette qui passait par là. Vincent Humbert est resté 6 mois dans le coma, à son réveil il ne pouvait plus parler, ses yeux ont du être cousus, son corps était immobilisé seuls sa lucidité et son pouce fonctionnaient.

Vincent Humbert était lucide : d’autres n’ont pas cette chance -enfin, si on peut appeler ça une chance-, lucidité qui lui a permis de se battre pendant des années pour avoir ce droit... ce droit légitime de mettre fin à sa vie.

Il alla jusqu’à envoyer une lettre au président d’alors, Jacques Chirac lui-même, mais cela ne changea rien.

C’est sa mère, qui, pour aider son fils et le libérer de ce fardeau qu’était devenue sa vie, alla jusqu’à lui délivrer une dose létale* de barbiturique*. Une preuve d’amour considérée comme un homicide aux yeux de la loi. Son geste a cependant fait bouger la législation en France et aujourd’hui l’acharnement thérapeutique n’est plus la norme, mais notre pays n’a pas encore franchi le cap concernant la fin de vie.

Je pense que ne plus pouvoir goûter, sentir, voir ou encore entendre, ne plus être capable de décider pour soi, ce n’est plus la vie.

Alors je dis oui à l’euthanasie, oui au droit de mourir dans la dignité !

Car la vie est un cadeau inestimable mais qui peut parfois s’avérer être empoisonné.

 

Lexique :

*Umami : savoureux, l’umami est l’une des 5 saveurs de base avec le sucré, l’acide, l’amer et le salé.

* Barbiturique : médicament produit en laboratoire utilisé dans certains cas d’épilepsie et comme produit anesthésiant.

* Létal : qui cause la mort.

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