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Lecture pour tous : Delphine Bertholon

Depuis le début de l’année, les élèves de 3ème2 de Madame Conte ont rencontré deux auteurs dans le cadre du dispositif “Lecture pour tous” proposé par la ville de Nice.

La première fut Delphine Bertholon.

Par Yasmine

Enfin, c’est le grand jour, nous sommes le 29 octobre 2019 et Delphine Bertholon nous fait l’honneur de sa présence au collège. Tous s’impatientent, excités à l’idée de la recevoir dans leur modeste collège. Ils entrent dans la salle  joyeux avec des sourires tout aussi éclatants, débordant d’énergie ils posent leurs sacs et prennent place, là, juste en face, face à elle, leur héroïne du moment : Delphine Bertholon !

Cela faisait bien deux mois qu’ils attendaient son arrivée, c’est pourquoi ils devaient tous faire bonne impression. Feuille et stylos à la main, tout le monde écrivait bien ce que disait Madame Bertholon. Ils se précipitaient tous, à peine finissait-elle de répondre à une question qu’une autre lui tombait dessus. Les questions était parfois mal formulées, parfois difficiles ou même trop franches, mais Delphine Bertholon était bien préparée, enfin c’est une écrivaine de haut niveau et elle a été interviewée de nombreuses fois. Or il ne faut pas se laisser attendrir par ses airs crédules et naïfs ! Notre célèbre écrivaine a bien du caractère et ne s’est point laissée déstabiliser par leur interrogatoire.

Dans « Ma vie en noir et blanc », sorti en mai 2016, la lyonnaise a bien trouvé ses mots pour sensibiliser les jeunes aux différences: « Je le sais aujourd’hui, c’est bien d’être différent, ce n’est pas toujours facile, mais c’est bien ».Cette écrivaine a le talent de communiquer avec ses lecteurs au-travers de ses écrits, on a l’impression de la connaître sans même lui parler. « Alors dites moi tout ce que vous voulez, lâchez-vous, posez moi toutes vos questions... » fut sa première phrase pour mettre à l’aise les jeunes collégiens. 

 

Petit florilège des échanges :

Vous êtes plutôt un auteur de l’intime et de la sensation vous l’avez dit vous même, dans votre travail vous êtes très loin du fantastique et des auteurs comme Stephen King. Y a t-il une raison à cela ?

« J’aime beaucoup vivre chacun de mes personnages, j’aime aussi croire qu’au-travers de toutes mes histoires se trouve une réalité. Lorsque j’écris, je fusionne avec mes personnages, je me reconnais en chacun d’entre eux. Il faut aussi faire attention, quand on écrit. Les personnages de papier sont des êtres vivants qui vous poursuivent, encore et encore. Une foule étrange par laquelle, en réalité, on aime bien être poursuivi… En ce qui me concerne, si je n’écrivais pas, je serais sans doute enfermée dans un hôpital psychiatrique ! »

Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes écrivains amateurs ? 

« Mon principal conseil est de lire écrire, lire écrire, lire écrire! S’il y a bien un pensif qui marche pour l’écriture à mon sens c’est que ce n’est qu’en forgeant que l’on devient forgeron. C’est-à-dire qu’il faut au début se lancer. C’est à force d’écrire à force de se lancer que l’on comprend comment ça marche, que l’on s’adapte à notre style d’écriture. »

L’art de la parole et l’art de l’écriture sont très différents l’un de l’autre. Comme a dit Bertrand Périer, « un écrivain a une gomme ». Êtes-vous donc aussi forte à l’oral qu’à l’écrit ? Pouvez-vous vous défendre et soutenir vos propos avec des arguments aussi bien à l’oral qu’à l’écrit ?

« J’ai du mal à vivre avec la seule réalité ; c’est l’une des raisons pour lesquelles j’écris »

Pourquoi avoir choisi spécifiquement la maladie d’« achromatopsie» dans « Ma Vie En Noir Et Blanc » ?

« Quand j’étais plus jeune j’ai lu un documentaire qui parlait d’une étrange maladie qui est donc l’achromatopsie,* j’avais trouvé cela surprenant, et ça m’avait marqué donc je m’en suis inspirée pour ce roman, j’en ai d’ailleurs également parlé rapidement dans un autre de mes romans ! »

Comment se fait-il que votre écriture est si cinématographique ?

« C’est un concours de circonstances, lorsque j’étais plus jeune, j’avais un amoureux, avec qui je suis encore très amie d’ailleurs, qui est parti à Paris pour faire du cinéma. Quand je partais pour le voir, il m’arrivait d’écrire des scénarios pour son équipe et j’ai découvert que j’aimais beaucoup ça. C’est donc parti d’un rien en fait. »

 

 

Passion et talent animent Delphine Bertholon, mais si elle écrit c’est également par survie, comme elle nous l’a confié : « J’ai du mal à vivre avec la seule réalité, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’écris. Mais me touche davantage en tant que lectrice ». La quadragénaire en est convaincue « La littérature, c’est l’ouverture sur des mondes qu’on ne connaît pas, des situations qu’on n’éprouvera jamais, des maisons que nous n’habiterons pas, des époques vers lesquelles il est impossible de retourner, des existences parallèles. La littérature, c’est mille vies en une seule ! » Si bien que dès la vingtaine, elle renonce au professorat pour se consacrer à l’écriture. Jusqu’à la publication de ses premiers romans aux éditions Jean-Claude Lattès, comme: « Twist », « Journal d’une jeune fille kidnappée », « L’effet Larsen » et plus encore... Habituée à la compétition,- elle remporte à l’âge de six ans un concours de poésie et ne compte pas s’arrêter là, « Je suis actuellement en train d’écrire un autre roman qui devrait bientôt sortir » déclare notre invitée aux jeunes collégiens ravis de l’entendre ! 



Les 4ème2 ont rencontré F.O.G. !

Dans le cadre de l’étude de la presse, la classe de 4ème2 a rencontré le journaliste durant la matinée du lundi 9 décembre 2019. Franz-Olivier Giesbert journaliste mais aussi écrivain, s’est prêté au jeu des questions-réponses, préparées par les élèves avec leur enseignante de Français, Madame Conte.

 

Ce fut l’occasion pour eux de découvrir le métier de journaliste, d’échanger autour de la liberté de la presse et de la censure mais aussi de découvrir une partie de sa vie F.O.G. expliquant aux élèves que son père le battait étant enfant, et que grâce à l’amour de sa mère son enfance fut malgrè tout heureuse. C’est ce qu’il raconte dans son autobiographie « L’Américain ».

Nous apprendrons aussi qu’il est fier du livre « L’affreux » publié en 1992 et qui a reçu le Grand prix du roman de L’Académie française, que Victor Hugo est un modèle pour lui, que pour écrire il s’inspire de vrais personnages tels que dans son livre « La cuisinière d’Himmler » Rose était une restauratrice.  Côté technique journalistique, M.Giesbert a donné aux élèves les clés pour la rédaction d’un bon article en utilisant les 3QOCP (Qui, Quand, Quoi, Où, Comment et Pourquoi).

Par Kévin

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