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Macron, un an après

Voilà bientôt un an qu'Emmanuel Macron a accédé à l'Élysée...
Si après sa victoire à plus de 60% - qui demeurait improbable six mois seulement avant le premier tour de l'élection- Macron était attendu au tournant : est-il parvenu à satisfaire les attentes des Français ? Il est temps de dresser le premier bilan de la première année de son quinquennat !

 

Par Pierre

Emmanuel Macron (photo : www.leparisien.fr)
Emmanuel Macron (photo : www.leparisien.fr)

LOI TRAVAIL 
Il l'avait annoncé. Déjà, alors qu'il n'était encore « que » Ministre de l'Économie du gouvernement Valls, Emmanuel Macron avait apporté tout son soutien à la fameuse « Loi Travail » de sa collègue de l'époque, Myriam El-Khomri, une réforme nécessaire à ses yeux, une régression aux yeux de l'opposition à François Hollande.
Malgré les vives protestations que la loi avait alors provoquées, Macron la réhabilite dans son programme de 2017. Ce qui n'est pas qu'un détail: avant d'être élu, Hollande n'avait jamais fait mention de cette réforme du code du travail, contrairement au candidat d' « En Marche », qui a, lui, joué « franc jeu », dès le départ.
Notamment au menu de la « loi Travail » : il est prévu de donner priorité à la négociation en entreprise ou encore de sécuriser les licenciements.
Ce que l'opposition dénonce à nouveau, mais cette fois, en vain.
Le Président, qui souhaite être certain de pouvoir faire « passer » sa réforme, a recours aux ordonnances : ainsi on ne peut empêcher sa mise en application. Toujours dans le domaine économique, le gouvernement du premier ministre Edouard Philippe décide de la suppression de l'ISF : l'Impôt de Solidarité sur la Fortune, impôt payé par une partie de la population la plus aisée, au profit de l'IFI, l'Impôt sur la Fortune Immobilière...

SOCIÉTÉ 
L'un des membres emblématiques du gouvernement, de par sa récente visibilité médiatique, est la Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, militante féministe.
Notamment depuis l'affaire dite de #BalanceTonPorc, ses prises de position font parler: tantôt elles emportent tous les suffrages, et tantôt elles font polémique.
Marlène Schiappa s'est, entre autres, engagée en faveur d'un « seuil de non consentement irréfragable » : il s'agit de savoir à partir de quel âge un mineur est consentant dans le cadre d'une relation sexuelle avec un majeur.
La Secrétaire d'État compte également lutter farouchement contre le harcèlement de rue, qui pourrait bientôt devenir passible d'une amende, et est favorable à la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour tous, les couples de femmes n'en bénéficiant pas actuellement.
Des mesures populaires, quoique pas encore mises en application...

NOTRE-DAME-DES-LANDES
Le projet de construction d'un aéroport dans la commune de Notre-Dame-des-Landes avait déjà été lancé en 1963, abandonné dans les années 70, et relancé aux alentours de 2000. De nombreuses protestations contre ce projet ont vu le jour depuis, dont celles des zadistes, habitants de la zone (le terme « zadiste » vient de « ZAD », une « Zone À Défendre » à leurs yeux)...
Un référendum qui avait eu lieu sous François Hollande, au cours duquel les habitants de la commune s'étaient exprimés en faveur de la construction de l'aéroport, n’a pas suffi néanmoins à faire cesser les contestations.
Et Emmanuel Macron, cette fois-ci, contrairement à ce qu'il avait annoncé durant sa campagne, a choisi de ne pas respecter ce référendum, et d'annuler le projet, suscitant une vive polémique à droite.

Manifestation de cheminots.
Manifestation de cheminots.

ÉDUCATION
Impossible de passer à côté de la réforme du bac, voulue par le Ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, qui deviendra effective en 2021 : autrement dit, les élèves actuellement scolarisés en 3e seront les premiers concernés.
Qu'est-ce que cette réforme va changer ? Au lieu d'une douzaine d'épreuves actuellement, le nouveau bac n'en comptera plus que 4.
Ces épreuves compteront pour 60% de la note finale. Les 40 % restant seront évalués en contrôle continu (les notes obtenues durant l'année).
Quant aux séries S, L et ES, elles n'existeront plus: elles seront remplacées par des disciplines de spécialité, ce qui ne change pas réellement la donne... 

SERVICE MILITAIRE

En fin de compte, Emmanuel Macron, qui s'y était montré favorable, lui préfère la création d'un « parcours citoyen », ouvert aux élèves de 10 à 16 ans, dont les modalités ne sont pas encore connues.
Cela pourrait se dérouler en trois étapes: au collège, une semaine par an pour être sensibilisé à la défense de la citoyenneté et aux premiers secours.
En seconde, aurait lieu une semaine de stage dans des associations d'aide aux plus démunis.
Enfin, chacun de ces élèves de seconde pourrait recevoir en fin d'année un passeport citoyen, l'invitant, s'il le désire, à s'engager dans l'armée.

 

REFORME DE LA SNCF
Voilà une réforme qui ne passe pas: les cheminots ne sont pas prêts à voir le retrait des avantages qui, jusque-là, allaient de pair avec leur profession. 
Pourtant, ces retraits font partie intégrante de la réforme... 
Mais pour le gouvernement, il s'agit en revanche d'une grande réforme d'avenir, nécessaire pour le futur de la SNCF et de son image. 

 

 

 

De nombreuses manifestations ont lieu, et surtout, une grève: la polémique éclate...  

Étudiants devant les grilles de l'université.
Étudiants devant les grilles de l'université.

BLOCAGE DES FACS
Le nombre de facultés en grève progresse: les étudiants dénoncent la sélection pour l'entrée à l'université, imposée d'après eux par les récentes réformes sur le sujet.
Le gouvernement semble croire au malentendu, mais cela ne suffit pas à apaiser les étudiants.
Et les violences à la fac de droit de Montpellier du 22 mars dernier n'ont évidemment rien arrangé: lorsque des étudiants bloquent leur université pour lutter pacifiquement contre la réforme Macron, et que de mystérieux individus cagoulés s'introduisent dans le bâtiment pour les « tabasser », cela ne peut que faire grand bruit. D'autant que certains étudiants affirment avoir reconnu des professeurs parmi les assaillants, et le doyen de l'université est même accusé de leur avoir ouvert les portes !

Depuis, un grand nombre de facs décident de fermer leurs portes pour manifester: selon les étudiants, en voulant supprimer le tirage au sort pour l'entrée à l'université, le gouvernement aurait imposé la sélection, ce que les Ministres réfutent.
La gauche s'est emparée du phénomène, et les cheminots sont invités par les étudiants à se joindre à eux.

N'oublions pas qu'il y a 50 ans, se déroulait un certain mai 68, qui avait justement commencé à l'intérieur des universités... Certains rêvent d'un mai 2018. Mais pas Emmanuel Macron…n

Sources :
www.lexpress.fr
www.lepoint.fr
www.marianne.net
www.wikipedia .fr
www.francetvinfo.fr
www.lemonde.fr

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