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Dis-moi comment tu manges...

 Manger est un besoin vital, mais nos habitudes alimentaires sont-elles bonnes pour notre santé ? D’ailleurs nous posons-nous la question de savoir si ce que nous mangeons est suffisamment équilibré ? Et même si nous voulions faire attention à notre alimentation, est-il si facile de savoir réellement ce que nous mangeons ? Pour nous aider dans cette démarche, le système « nutri-score » arrive bientôt. On fait le point.

Par Narhawan

Dans le cadre de la loi de Santé de 2016, le gouvernement français a recommandé la mise en place d’une information nutritionnelle claire, visible, et facile à comprendre pour tous. L’objectif : améliorer la lecture des informations nutritionnelles figurant sur les aliments et aider les consommateurs à acheter des produits de meilleure qualité nutritionnelle.

 Le score des aliments

Ce système qui s’appelle Nutri-Score est un logo à 5 couleurs qui sera collé sur les emballages. Les fabricants ne sont pas obligés de mettre ce logo sur leur produit. C’est-à-dire que le fabricant d’un produit trop gras ou trop sucré peut ne pas l’indiquer clairement sur l’emballage. D’ailleurs les industriels de l’alimentation s’étaient opposés à la première proposition de logo notamment parce qu’ils avaient peur qu’il nuise trop à leur produit.

Avec Nutri Score, Chaque produit reçoit une lettre de A à E allant :

- de A : produit  le plus favorable sur le plan nutritionnel ;

- à E : produit le moins favorable sur le plan nutritionnel.

Comment est calculé le score d’un produit ?

Pour classer chaque produit, des équipes de recherches internationales ont mis au point un score qui prend en compte, pour 100 grammes de produit, la teneur :

- en nutriments et aliments à favoriser : fibres, protéines, fruits et légumes

- en nutriments à limiter : acides gras saturés, sucres, sel

Après calcul, le score obtenu par un produit permet de lui attribuer une lettre et une couleur.

Souvent ce qui est bon est gras ou sucré, ça ne veut pas dire qu’il ne faut plus du tout en manger, mais être au courant et faire attention, ça ne peut pas faire de mal ! n

Sources : www.mangerbouger.fr

www.wikipedia.fr


Monsieur Lubasz, infirmier du collège
Monsieur Lubasz, infirmier du collège

 Monsieur Lubasz, infirmier du collège nous renseigne sur les pratiques alimentaires et notamment sur celles des collégiens.

En quoi consiste selon vous une bonne alimentation ?

C’est une alimentation qui couvre tous les apports énergétiques et vitaminiques de la journée en protéines (laitages, viandes,...), en vitamines et en fibres (fruits, légumes) en sucres lents (féculents, céréales, pain,…) et apporte un peu de lipide (graisse). 

Combien de repas faut-il  manger par jour ? Le goûter en fait-il partie ?

Le nombre de repas par jour dépend de la culture, du mode de vie et du pays où l'on réside. En France, il est de coutume d'avoir 3 repas par jour. Le petit déjeuner est le plus important de la journée car le corps vient de passer une période de jeûne de plus de 10 heures. Il doit apporter des laitages (lait fromage, yaourt etc.), des sucres lents (pain, biscottes, croissant etc.) un fruit ou un jus de fruits, des fibres (fruits ou céréales).

C'est un peu comme si vous décidiez de faire un long voyage avec votre voiture : vous devez faire le plein d'essence avant de partir sous peine de tomber en panne lol ! Le goûter doit s'adapter en fonction de l'âge et être équilibré. Chez l'enfant comme chez l'adolescent, il permet l'apport d’énergie jusqu'au repas du soir (il est donc conseillé). Il peut comporter au choix du pain, du chocolat noir, un fruit, un morceau de fromage, une galette de sarrasin, un œuf, des céréales. Les quantités sont augmentées à l'adolescence (car l'ado en pleine croissance brûle beaucoup plus de calories qu'un adulte). À l'âge adulte, il s'agit plutôt d'une petite collation.

Que pensez-vous de l’alimentation des collégiens ?

J'ai remarqué un gros problème au collège Risso depuis mon arrivée. C'est que beaucoup trop d'élèves ne prennent pas de petit déjeuner le matin. Ils viennent donc au collège, avec très peu d'énergie pour nourrir leur cerveau et du coup sont beaucoup moins productifs. Certains font même des malaises (hypoglycémie) ou ont très mal au ventre vers 11h, tiraillés par la faim.

Pensez-vous que l’étiquetage alimentaire soit une bonne chose ?

Tout dépend de quel étiquetage on parle. Celui actuellement utilisé est complètement illisible pour le commun des mortels. L'étiquetage avec les couleurs, vert-jaune-orange-rouge (voir ci-contre) n'a pas été rendu obligatoire par l'Europe en raison de la pression des lobbies de l'agro-alimentaire. Le sucre étant comme une drogue pour le cerveau, il crée une accoutumance et le cerveau en redemande. C'est pourquoi, les industriels en mettent dans tous leurs plats, y compris les plats cuisinés salés. Mais comme il existe une multitude de types de sucres, le consommateur ne sait même pas les identifier.

Est-ce qu’il est déjà arrivé qu’un élève vienne vous voir pour une intoxication alimentaire ? Ou en raison d’une mauvaise alimentation ?

Je n'ai pas eu d'élève qui soit venu consulter pour une intoxication alimentaire. Par contre, trop d’élèves viennent à l’infirmerie suite à des hypoglycémies (malaises dus au manque de sucre dans le sang) parce qu'ils n'ont pas pris de petit déjeuner. D'autres, beaucoup plus nombreux, viennent vers les 10h00 à 11h00 avec un mal au ventre dû à la faim car eux non plus n'ont pas petit déjeuné.


Emeric, le chef cuinisier.
Emeric, le chef cuinisier.

Et à la cantine, on mange équilibré ? Voici ce qu’en pense notre chef cuisinier, Emeric

En tant que chef cuisinier, qu’observez-vous au niveau de l’alimentation des collégiens ?

La principale observation que je fais au niveau de l’alimentation des collégiens est qu’ils mangent toujours la même chose, c’est-à-dire des snacking, des pâtes, des pommes de terre et tout ce qui est frit. Ils n’ont pas de culture culinaire. Si on les laisse faire par rapport à leurs goûts, niveau équilibre alimentaire c’est zéro ! Mais ils sont jeunes et j’espère que leur goût va se former et évoluer. J’observe que les goûts « industriels » ont pris le dessus, il y a une priorité à les éduquer au niveau du goût, il faut les faire sortir de leurs habitudes.

Comment sont construits les repas que vous proposez à la cantine ? Selon quels critères ?

Les menus doivent être équilibrés sur la journée et d’une manière générale sur la semaine. Au collège Risso, environ 1/5ème des élèves demi-pensionnaires ne mangent pas de viande (car par halal), du coup, je propose beaucoup de poisson pour essayer de les contenter, même si rien ne m’y oblige car la Charte de la laïcité à l’école stipule que le cuisinier n’a pas à se plier aux goûts des élèves. Il y a aussi de très nombreux élèves qui ne mangent pas de porc, mais d’une manière générale c’est une viande peu appréciée, donc j’en propose rarement. Sinon, j’essaie de varier les viandes (poulet, bœuf, viande de veau ou d’agneau sautée), je suis tenu de proposer un laitage par jour, sous forme de yaourt, fromage blanc ou fromage, une ©danette n’est pas considérée comme un laitage. Je propose un fruit deux fois par semaine et une fois par semaine il y a le « salade bar », mais sa mise en place est compliquée, les élèves ne sont pas très « agiles » pour s’en servir…

Pourquoi n’y a-t-il pas de menu végétarien à la cantine ? Pensez-vous qu’il y en aura à l’avenir ?

J’ai proposé une fois un steak végétarien, mais le Conseil Départemental

(qui supervise les menus) n’y est pas favorable, notamment car la valeur en protéine ne serait pas suffisante. Personnellement je n’aurais rien contre.


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